Nager dans la Tamise, dans la Seine ou à Venise

22 septembre 2026Foto © Heidi Meudt

Récits

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Si nous savons que nos grands-parents s'y baignaient, aujourd'hui, tremper ne serait-ce qu'un orteil dans l'eau (principalement les fleuves, mais aussi les lacs et les mers) qui traverse ou borde nos villes ressemble, aux yeux de beaucoup, à un acte de foi frisant le mysticisme. Cela est dû à un processus décennal de lavage de cerveau collectif qui nous a conduits à nous convaincre intimement que nager dans la Tamise, dans la Seine, dans le Tibre ou dans l'East River équivaut à se baigner dans des eaux usées, avec le risque de sortir de l'eau comme le poisson à trois yeux des Simpson.

Cette phobie, désormais atavique, a une date de naissance précise : en 1828, le graveur anglais William Heath a dessiné une Londonienne, élégante et horrifiée, laissant tomber sa tasse de thé en observant au microscope une goutte d'eau de la Tamise. L'œuvre s'intitulait Monster Soup et transformait l'eau du fleuve en une rave party de créatures démoniaques.

Gravure satirique : une femme laisse tomber sa tasse de thé en observant à la loupe une goutte d'eau de la Tamise pleine de monstres et d'un gros poisson
« Monster Soup, commonly called Thames Water », William Heath, 1828. La construction visuelle de la phobie urbaine. Photo © William Heath / Wellcome Collection · CC BY 4.0 (Wikimedia Commons)

Un siècle et demi plus tard, la culture pop a planté le dernier clou sur le cercueil avec Blinky, le petit poisson à trois yeux cité plus haut.

Ces images sont devenues l'alibi parfait. Les administrations publiques, ravies de satisfaire cette psychose et de pousser les nageurs vers les eaux chlorées, rassurantes et coûteuses des piscines, ont pu continuer à utiliser les fleuves comme des chasses d'eau à ciel ouvert. Le problème du préjugé, cependant, est qu'il efface la mémoire historique. Nous avons simplement oublié que jusqu'au milieu du XXe siècle, nager dans les fleuves était la norme absolue en Europe. Les Parisiens plongeaient en masse depuis la piscine flottante des Bains Deligny et les Romains passaient l'été sur le barcone du Ciriola, l'établissement balnéaire flottant amarré sous le château Saint-Ange jusqu'à ce qu'un incendie ne l'emporte en 1970.

Les fleuves urbains, la mer citadine ou le lac étaient des espaces bleus gratuits et fréquentés par la population. C'étaient des lieux de socialisation, d'identification urbaine et des endroits où l'on pouvait apprendre à nager gratuitement. Puis nous avons empoisonné l'eau et nous avons eu si peur de ce que nous avions fait que nous avons même cessé de la regarder, perdant l'une de nos connexions les plus profondes avec l'écosystème et l'environnement dans lequel nous vivons.

Photogramme des Simpson : M. Burns assis à table devant une assiette avec le poisson orange à trois yeux cuisiné, tandis que Marge et Bart le regardent debout derrière lui
Blinky servi à table. L'épisode des Simpson (1990) a cristallisé le préjugé moderne : le fleuve urbain comme réacteur toxique. (20th Century Fox Television)

Que signifie « baignable »

Lorsqu'une autorité européenne décrète qu'une eau est « baignable », elle n'exprime pas un avis esthétique sur la couleur, les débris ou la limpidité. Elle applique une pure bureaucratie du pathogène, basée sur l'Annexe I de la directive européenne 2006/7/CE.

Les biologistes recherchent deux indicateurs spécifiques : l'Escherichia coli et les entérocoques intestinaux. Ce ne sont pas nécessairement eux qui vous tuent, mais ils sont la fumée qui signale la présence d'un incendie. Leur présence certifie que de la matière fécale, c'est-à-dire des rejets, est arrivée dans cette eau. La limite fixée pour définir une eau « excellente » cache cependant ce qui semble être un paradoxe normatif : la loi autorise 500 unités formant colonie (UFC) pour 100 millilitres dans les eaux intérieures (fleuves et lacs), mais n'en tolère exactement que la moitié, 250, dans les eaux côtières.

Pourquoi cette disparité ? Ce n'est pas une « remise » faite aux fleuves pour les rendre artificiellement baignables, mais de la biologie marine. Comme l'expliquent minutieusement de nombreux articles scientifiques sur le sujet, et comme le prend en compte l'Organisation mondiale de la santé, qui dans ses lignes directrices sur la baignade sépare les eaux côtières des eaux douces dès le titre, le taux de mortalité bactérienne (die-off rate) en mer est vertigineux. La forte salinité combinée au stress osmotique sur les parois cellulaires et l'intense exposition aux rayons UV sans le filtre de la végétation côtière tuent les bactéries fécales en un temps record.

Par conséquent, si les biologistes détectent 250 survivants d'E. coli au milieu de l'eau salée, cela signifie que la quantité de polluants provenant des égouts est considérable et très récente, et qu'elle transporte une charge intacte de virus et de protozoaires bien plus résistants. Dans l'eau douce et protégée des fleuves et des lacs, les mêmes bactéries indicatrices survivent heureusement plus longtemps. La directive relève le seuil pour l'eau douce précisément pour l'aligner sur le risque épidémiologique humain réel : 500 bactéries dans le fleuve équivalent, en termes de dangerosité d'infection, à 250 bactéries en mer.

Il y a un détail fondamental qui réduit l'utilité du suivi en temps réel : pour faire croître ces colonies sur boîte de Petri (selon les normes rigoureuses ISO 9308 et 7899), les bactéries doivent rester en incubation pendant 24-48 heures. Donc, quand un panneau ou une application vous dit que l'eau est propre « aujourd'hui », elle vous raconte scientifiquement comment était l'eau il y a deux jours, ce qui dans notre cas correspond à une ère géologique. Il nous est arrivé personnellement de participer à une course en Ligurie (Italie), mais nous ne vous dirons pas avec quel organisateur, peu après une averse. La veille de la course, il y avait une interdiction de baignade pour présence d'E. coli. Cette interdiction a été levée le jour de la course qui s'est déroulée normalement. La même interdiction de baignade a été remise le lendemain de la course. Maintenant que vous savez que les données reflètent une condition d'il y a 24-48 heures, vous comprendrez facilement que le résultat de la course a été qu'environ 300 participants sur 600 ont eu de la fièvre, de la diarrhée et des vomissements pendant une semaine (et l'organisateur a haussé les épaules).

Le miracle européen : une leçon pour le reste du monde

Pourtant, au milieu d'un tableau de dégradation environnementale et climatique qui tend à s'aggraver et malgré ces distorsions locales, il est intellectuellement honnête de reconnaître un fait historique : l'Union européenne a accompli un grand travail politique et infrastructurel. Si aujourd'hui le monde commence progressivement à se réapproprier ses eaux libres, le mérite en revient aussi à une législation pionnière.

Comme le certifie le dernier rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) sur les données 2025, la qualité des eaux de baignade en Europe a atteint des niveaux que le reste de la planète peut seulement envier. Sur près de 22 000 sites surveillés entre côtes, lacs et fleuves, 85 % ont été classés comme « excellents », et un stratosphérique 96 % respecte les exigences minimales de la loi. Ce n'est pas un heureux accident climatique : c'est le résultat de décennies de directives strictes (de la Bathing Water Directive en avant) et d'investissements colossaux pour endiguer et épurer les rejets urbains. L'Europe a démontré aux gouvernements du monde entier que la dégradation n'est pas un destin irréversible : les eaux dévastées par le boom industriel du XXe siècle peuvent être guéries, traçant une route à suivre.

Deux graphiques à barres côte à côte, Coastal et Inland, avec la part des eaux de baignade européennes par classe de qualité de 2010 à 2025 : la bande bleue de la classe excellente reste autour de 85 % en mer et passe de 60 à 80 % dans les eaux intérieures
Quinze ans d'eaux de baignade européennes, mer à gauche et eaux intérieures à droite : en bleu la classe excellente, en rouge la médiocre. Les eaux douces partent de beaucoup plus bas et récupèrent vingt points. Figure 5 du rapport European bathing water quality in 2025 de l'Agence européenne pour l'environnement.

La ligne ne sépare pas le fleuve de la mer. Elle sépare le sec du mouillé.

L'erreur la plus naïve que nous puissions commettre est de croire que la mer est une divinité autonettoyante et le fleuve un démon boueux par nature. La vérité est contenue dans les données de suivi indépendantes de quatre continents différents.

En Italie, le bilan final de Goletta Verde et Goletta dei laghi de 2026 compte 391 prélèvements dans dix-neuf régions. Loin des embouchures et des rejets, la mer se défend très bien : 15 % des prélèvements dépassent les limites. Mais sur les 188 embouchures de fleuves, canaux et torrents qui se jettent dans la mer ou dans les lacs, le taux d'échantillons hors la loi grimpe à 54 %.

Panorama de l'embouchure d'un fleuve sicilien : le méandre d'eau douce fermé par une langue de sable, et au-delà du sable la mer ouverte
L'embouchure du fleuve Irminio, en Sicile. C'est ici que le continent vomit ses péchés dans la mer. 54 % des échantillons aux embouchures italiennes sont pollués. Photo © Davide Mauro · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

En Californie, les biologistes marins de Heal the Bay certifient avec un « A » ou un « B » (les notes maximales) 91 % des plages entre Washington et Tijuana. Cependant, après une forte averse, les mêmes plages océaniques s'effondrent au bas du classement, envahies par les bactéries. Au Royaume-Uni, les déversoirs d'orage (les rejets directs d'eaux usées) ont diminué de 35 % en 2025. Un miracle de l'ingénierie d'épuration britannique ? Non. Comme a dû l'admettre à contrecœur l'Environment Agency elle-même dans son bulletin, il a simplement beaucoup moins plu que l'année précédente.

La ligne de démarcation de la saleté bactérienne ne se situe pas tant entre l'eau douce et l'eau salée (même si, comme nous l'avons dit, l'eau salée a une plus grande capacité à éliminer certaines bactéries), mais surtout entre le temps sec et le temps pluvieux. Évidemment, le béton imperméable de nos routes y est pour beaucoup car, ne pouvant absorber les orages, il sature les égouts mixtes et fait déborder les eaux usées urbaines en aval. Un fleuve à sec, sous une station d'épuration qui fonctionne correctement, est infiniment plus propre que la mer de Barcelone ou de Palerme au lendemain d'un orage.

Le test définitif : un acte révolutionnaire

Il y a des États qui préfèrent payer : l'Italie a versé à Bruxelles 210 554 096 euros d'amendes au 31 décembre 2024, toutes pour une seule condamnation, celle sur le traitement des eaux usées urbaines, plutôt que de mettre aux normes ses stations d'épuration. Et puis il y a ceux qui ont décidé d'inverser le courant (pardonnez le jeu de mots).

Comme nous l'avons analysé en profondeur dans notre enquête dédiée, se réapproprier les espaces bleus urbains est un acte révolutionnaire. Recommencer à nager dans les fleuves signifie briser un tabou et reprendre un espace public que les institutions avaient abandonné à la dégradation industrielle et aux égouts.

Paris, à l'occasion des Jeux olympiques de 2024, a subi l'ironie impitoyable de la planète pour les reports continus des épreuves de triathlon et de nage en eau libre. Mais la France a accompli un geste politique monumental : elle a alloué et dépensé 1,4 milliard d'euros, creusant d'imposantes cathédrales souterraines (comme le bassin d'Austerlitz) pour stocker l'eau de pluie. Les résultats, bien qu'imparfaits, doivent être pesés sur les volumes : en août 2026, la Seine a accueilli 216 000 nageurs ordinaires sur ses trois sites urbains. Ils ouvraient et fermaient jour après jour, en suivant les relevés bactériologiques. C'est le nouveau paradigme : on n'attend pas la pureté miraculeuse de l'eau bénite, mais on mesure l'écosystème de manière scientifique et on vit avec en toute sécurité.

Le chantier du Thames Tideway sur le quai de Chelsea : la grue, les batardeaux et le fleuve qui coule à côté
Ce qu'il y a derrière une classe « excellente » : le chantier du Tideway au Chelsea Embankment, vingt-cinq kilomètres de collecteur creusés sous la Tamise et entrés en service en 2025. Photo © amandabhslater · CC BY-SA 2.0 (Wikimedia Commons)

Aujourd'hui, les métropoles reconquièrent ce qui était à elles. À Londres, la Tamise (déclarée « biologiquement morte » en 1957) abrite aujourd'hui 115 espèces de poissons. En attendant que le nouveau collecteur mastodontique Tideway mette fin aux rejets d'égouts, les Londoniens nagent rigoureusement toute l'année dans les eaux libres glacées des Royal Docks ou dans les étangs d'Hampstead Heath. À Bâle et Zurich, se jeter dans le courant du Rhin ou de la Limmat est simplement la normalité avec laquelle les Suisses rentrent chez eux après le travail pendant les mois chauds. À Vienne, la municipalité garantit à ses citoyens l'accès à 63 kilomètres de rive baignable publique et gratuite sur le cours du Danube.

Et à Chicago, en 2025, 263 pionniers en bonnet et lunettes ont plongé pour la première course officielle après quatre-vingt-dix-huit ans dans un fleuve qui, un siècle plus tôt, avait été littéralement fait couler à l'envers pour éviter que ses eaux usées n'empoisonnent les puits d'eau potable. L'édition de cette année a été nagée le 20 septembre, avec un champ de départ élargi de 500 à 750 inscrits.

Ce ne sont pas des victoires de salon. Elles font partie d'une prise de conscience, aujourd'hui codifiée dans le mouvement mondial Swimmable Cities, qui unit administrateurs et activistes dans 121 villes du monde entier avec un credo ferme : le risque zéro dans la nature n'existe pas. L'objectif n'est pas de stériliser les fleuves comme les couloirs au chlore, mais de les gérer et de communiquer avec transparence, pour restituer à la citoyenneté les espaces bleus urbains. C'est ce que fait depuis des années Copenhague, qui grâce à des réseaux de capteurs intelligents allume et éteint les feux de ses immenses bains portuaires, accueillant en toute sécurité près d'un demi-million de baigneurs par saison.

Un groupe de personnes plonge depuis le ponton du bain de port d'Islands Brygge à Copenhague, avec l'eau vert foncé du canal et la ville en arrière-plan
Le bain de port d'Islands Brygge, Copenhague. Capteurs en temps réel et aucun compromis : s'il pleut, on ferme, s'il fait soleil, on saute. Photo © kallerna · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Et puis il y a la ville qui est faite d'eau et dans laquelle on n'entre pas. À Venise, le Règlement de police et de sécurité urbaine interdit la baignade le long de tous les canaux du centre historique, et les deux touristes qui, le 11 septembre 2025, ont plongé dans le Grand Canal devant la station de gondoles de San Vidal en connaissent bien le coût : trois cent cinquante euros d'amende chacun, cent autres pour l'ordre d'éloignement, et quarante-huit heures d'interdiction de remettre les pieds en ville. L'interdiction ne naît cependant pas seulement du trafic des vaporetti. Le centre historique n'a pas de réseau d'égouts tel qu'on l'entend ailleurs : il fonctionne avec un « service substitutif » fait d'installations diffuses et de marées qui lavent les canaux deux fois par jour, et les travaux pour relier la ville aux grandes stations d'épuration de la terre ferme ont à peine commencé. Le directeur général de la société qui gère l'eau, Veritas, a dit clairement que pour arriver au bout, il faudra « entre vingt et trente ans ».

Pour nager, à Venise, il faut sortir de la ville et aller au Lido, où il y a la mer et où la mer est classée. C'est là que se nage la course.

Venice Open Water Lido de Venise, 14 juin 2026 — 200, 800, 1 850 et 3 500 m

Ceux qui restent en arrière : la mort par géographie

Si tel est le portrait des métropoles occidentales qui se réapproprient leurs rives, nous devons regarder l'autre moitié de la carte sans faire de cadeaux. C'est la moitié où l'effondrement de l'État transforme l'infrastructure hydrique en une véritable arme démographique.

En Inde, l'autorité gouvernementale centrale, le Central Pollution Control Board (CPCB), fixe la limite maximale de tolérance bactérienne pour la « baignade en plein air » à 2 500 coliformes fécaux pour 100 ml. Un paramètre déjà en soi beaucoup plus souple que les standards du Premier Monde. Pourtant, en 2026, les bulletins mensuels du Delhi Pollution Control Committee enregistraient dans les eaux de la Yamuna des pics effrayants de 170 000 MPN/100 ml au niveau du pont ISBT.

Il n'y a aucun romantisme à plonger dans une mégastructure fluviale infectée qui traverse une mégalopole de vingt millions d'habitants.

C'est précisément dans ces scénarios désolants que notre enquête environnementale converge inévitablement avec le drame social. Comme nous l'avons documenté dans notre précédent reportage, l'interdiction de baignade trace une ligne basée sur le revenu et l'ethnie. Là où les eaux urbaines publiques sont réduites à un concentré toxique d'E. coli, apprendre à nager devient de plus en plus difficile pour les couches les moins aisées de la population. L'eau cesse d'être un bien commun gratuit et l'alphabétisation aquatique devient un luxe privé, confiné derrière les portails et les cotisations des country clubs ou des piscines municipales payantes. Ceux qui n'ont pas l'argent pour payer la leçon de natation dans le bassin filtré perdent le droit d'apprendre à survivre.

Des centaines de personnes dans l'eau sur la rive du Gange lors d'un jour de fête, avec les déchets accumulés sur le sable au premier plan
Le Gange lors d'un bain rituel à Anupshahr (Uttar Pradesh). Avec des mesures de pic à 49 000 coliformes fécaux pour 100 ml (contre une limite de 2 500) lors des grands pèlerinages, l'immersion devient un saut dans le vide sanitaire pour les couches les plus exposées de la population. Photo © Aman panwar thakur · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

La prochaine fois qu'un de vos amis ou un passant vous dit qu'il éprouve une répulsion intime à l'idée de nager dans le fleuve, le lac ou la mer de sa ville, demandez-lui de manière très pratique quelle est la dernière mesure bactériologique qu'il a consultée sur le portail de l'agence environnementale de son territoire.

Neuf fois sur dix, vous vous apercevrez qu'il ne le sait pas. Il n'a pas de donnée en main, il a seulement un préjugé. Et c'est exactement ce désintérêt, cet éloignement bourgeois, aseptisé et résigné de la nature brute, qui a permis que nos eaux libres soient polluées par les industries et les administrations pendant des décennies, dans le silence général.

Nous préférons une approche laïque et frontale. Nous regardons les thermomètres, nous lisons les prélèvements bactériologiques, nous serrons nos lunettes et, quand le chiffre le permet, nous descendons dans l'eau. Parce qu'un fleuve propre et accessible au centre d'une métropole n'est pas un divertissement touristique : c'est le test définitif pour comprendre à qui appartient vraiment le monde dans lequel nous vivons.

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